Le terminal Windows, c’est une fenêtre où tu tapes des ordres à ton PC au lieu de cliquer, et une douzaine de commandes suffisent pour dépanner l’essentiel : un Wi-Fi oublié, un site qui ne charge plus, un Windows qui plante. Pas besoin d’être développeur. Tu copies, tu colles, tu appuies sur Entrée, et tu lis la réponse. Dans ce guide, chaque commande part d’un problème réel, elle a été testée sur Windows 11 ou vérifiée dans la documentation de Microsoft, et les rares qui peuvent faire des dégâts sont signalées.
Quelle différence entre CMD, PowerShell et le Terminal Windows ?
Le Terminal Windows est la fenêtre, alors que CMD et PowerShell sont les deux interpréteurs (les « shells ») qui tournent dedans et comprennent ce que tu tapes. CMD, l’invite de commandes, est l’ancêtre hérité de l’époque MS-DOS. PowerShell est plus récent et bien plus puissant : il manipule des objets, pas seulement du texte. Le Terminal, lui, sait ouvrir les deux dans des onglets, et même Linux via WSL.
Bonne nouvelle pour toi : la plupart des commandes de ce guide (ping, sfc, winget, powercfg) sont de petits programmes de Windows, donc elles marchent dans les deux shells. Seules celles qui commencent par un verbe et un tiret, comme Get-ChildItem ou Clear-DnsClientCache, exigent PowerShell. Si tu as déjà suivi notre guide pour installer Python sans casser ton ordinateur, tu as en fait déjà utilisé PowerShell sans t’en rendre compte.
Comment ouvrir le terminal, et en administrateur, sans te tromper ?
Le raccourci le plus rapide est Windows + X, puis « Terminal » pour une session normale ou « Terminal (administrateur) » pour une session avec tous les droits. Sur Windows 10, le même menu propose « Windows PowerShell » et « Windows PowerShell (admin) ». Windows te demande alors une confirmation : c’est normal, c’est le contrôle de compte d’utilisateur qui vérifie que c’est bien toi. Tu sais que tu es en mode administrateur quand le titre de la fenêtre commence par « Administrateur ».
Ouvre le mode administrateur seulement quand une commande l’exige, et referme-le après. Une erreur tapée en mode normal reste contenue ; en administrateur, elle peut toucher à tout le système. Avant d’aller plus loin, retiens six réflexes de survie :
cd Documentspour entrer dans un dossier,cd ..pour remonter d’un cran.dirpour lister ce qu’il y a dans le dossier où tu es.clspour effacer l’écran quand il devient illisible.- La touche Tab complète un nom de dossier ou de fichier à ta place.
- La flèche du haut rappelle la commande précédente, pas besoin de la retaper.
- Ctrl + C arrête une commande qui tourne trop longtemps.
Et pour ne pas avoir à retenir quoi que ce soit, voici un traducteur : tu choisis ce que tu veux faire, il te donne la commande exacte, le bon shell, et te dit s’il faut le mode administrateur.
Le traducteur de terminal
Choisis ce que tu veux faire, il te donne la commande exacte, le bon shell, et s'il faut le mode administrateur.
Quelles commandes sauvent ta connexion internet ?
Trois commandes suffisent à savoir où ça coince : ping teste si une adresse répond, tracert montre le chemin jusqu’à elle, et Clear-DnsClientCache, lancé en administrateur, vide le carnet d’adresses internet de Windows. La méthode compte plus que les commandes. Tape d’abord ping 8.8.8.8, un serveur public de Google qui répond presque toujours : si tu as des réponses, ta connexion marche. Que des délais dépassés : la coupure est entre ton PC et internet. Regarde d’abord si ton PC est bien connecté à la box. Tape ensuite ping suivi du nom du site qui bloque. S’il ne trouve pas l’hôte alors que l’adresse chiffrée répondait, ce n’est pas internet qui est en panne, c’est la traduction du nom en adresse. Et si tout répond bien près de la box mais que ça rame dans une pièce, c’est ton wifi qui ne porte pas : répéteur, CPL ou mesh, choisis selon ta maison.
Dans ce cas, vide le cache DNS, dans un terminal ouvert en administrateur. Deux commandes font exactement la même chose selon Microsoft : ipconfig /flushdns et, en PowerShell, Clear-DnsClientCache. Attention au piège : sans les droits d’administrateur, Clear-DnsClientCache n’affiche aucune erreur mais ne vide rien (vérifié sur Windows 11), alors que ipconfig /flushdns te prévient clairement : « L’opération demandée nécessite une élévation ». Si le site ne répond toujours pas, tracert suivi du nom du site liste chaque relais : si ça cale dès le premier, regarde ta box ; plus loin, c’est chez ton opérateur.
Comment retrouver le mot de passe Wi-Fi que tu as oublié ?
Windows garde le mot de passe de chaque réseau Wi-Fi auquel ton PC s’est déjà connecté, et la commande netsh sait te l’afficher en clair. C’est la commande parfaite pour le jour où un pote te demande le code de la box et que l’étiquette a disparu. Elle se fait en deux temps, dans CMD comme dans PowerShell.
Tape d’abord netsh wlan show profiles pour lire le nom exact du réseau, puis netsh wlan show profile name="NomDuWifi" key=clear, en remplaçant NomDuWifi par ce nom exact. Le mot de passe est sur la ligne « Contenu de la clé ». Si elle n’apparaît pas, relance le terminal en administrateur. Depuis Windows 11 24H2, certaines commandes Wi-Fi demandent aussi l’autorisation de localisation : si Windows te parle de localisation, active-la dans Paramètres, Confidentialité et sécurité, Localisation.
Quelles commandes réparent un Windows qui plante ou fait des erreurs ?
DISM répare la réserve de fichiers d’origine de Windows, sfc remplace ensuite les fichiers système abîmés, et chkdsk vérifie le disque lui-même. Les trois demandent un terminal en administrateur. Microsoft recommande un ordre précis : DISM d’abord, sfc ensuite, parce que sfc puise dans cette réserve pour remplacer les fichiers abîmés.
| Commande | Ce qu’elle fait | À savoir |
|---|---|---|
| DISM /Online /Cleanup-Image /RestoreHealth | Répare la source de fichiers d’origine en la comparant à Windows Update | Plusieurs minutes, à lancer en premier |
| sfc /scannow | Vérifie chaque fichier système protégé et remplace ceux qui sont abîmés | Ne ferme pas la fenêtre avant 100 % |
| chkdsk C: /scan | Analyse le disque pendant que tu travailles | Sans redémarrage |
| chkdsk C: /f | Corrige les erreurs du système de fichiers | Au prochain redémarrage, parfois long |
Pour le disque, commence toujours par chkdsk C: /scan : il analyse sans rien bloquer. Ne passe à chkdsk C: /f que s’il signale des erreurs. Comme le disque de Windows est utilisé en permanence, il te proposera de faire la réparation au prochain redémarrage. Sur un gros disque, ce redémarrage peut durer longtemps : enregistre tout avant, et ne coupe surtout pas le courant pendant.
Quelles commandes te font gagner du temps au quotidien ?
Cinq commandes remplacent des dizaines de clics : winget met à jour tes applis, powercfg juge ta batterie, une ligne PowerShell trouve ce qui remplit ton disque, winver et systeminfo donnent ta version de Windows et shutdown programme l’extinction. Aucune ne demande le mode administrateur pour démarrer.
- Tout mettre à jour :
winget upgradeaffiche d’abord la liste des applis qui ont une mise à jour, sans rien installer. Puiswinget upgrade --allles installe toutes. Certaines demandent une validation pendant l’installation, ferme-les avant. - Juger ta batterie :
powercfg /batteryreportcrée une page battery-report.html dans le dossier où tu es (ton dossier personnel quand tu ouvres le terminal normalement), puisstart battery-report.htmll’ouvre dans ton navigateur. Compare « Design capacity », la capacité d’origine, et « Full charge capacity », celle d’aujourd’hui. Le rapport reste en anglais, même sur un Windows en français. - Trouver les gros fichiers : la ligne ci-dessous liste les 10 plus gros fichiers de ton dossier personnel, en lecture seule. Elle ne déplace et ne supprime rien. Compte quelques secondes, parfois plus. Attention si ton dossier est synchronisé avec OneDrive : un fichier marqué d’une icône de nuage est « en ligne uniquement », il n’occupe pas de place sur ton disque, et le supprimer l’efface aussi de OneDrive sur tous tes appareils.
- Connaître ta version :
winverouvre une petite fenêtre qui affiche la version en clair, comme 24H2 ou 25H2.systeminfodonne le détail : le build 26100 correspond à 24H2, le 26200 à 25H2. Utile pour savoir si tu es concerné par la fin des mises à jour de Windows 11 24H2 ou par le programme de mises à jour gratuites de Windows 10. - Éteindre plus tard :
shutdown /s /t 3600éteint le PC dans une heure, etshutdown /aannule. Attention, Microsoft précise qu’avec un délai, les applis sont fermées de force à l’heure dite : tout ce qui n’est pas enregistré est perdu.
Get-ChildItem $env:USERPROFILE -File -Recurse -ErrorAction SilentlyContinue | Sort-Object Length -Descending | Select-Object -First 10 FullName, @{n='Go';e={[math]::Round($_.Length/1GB,2)}}
Le terminal ne sert pas qu’à dépanner. C’est aussi par lui que tu lances une IA qui tourne sur ton propre ordinateur avec Ollama, ou que tu vérifies qu’un mini PC est prêt pour Windows 11 avant de l’acheter.
Quelles commandes ne jamais taper sans réfléchir ?
Toute commande qui supprime, formate ou change une règle de sécurité peut faire des dégâts irréversibles, parce que le terminal ne passe jamais par la corbeille. Un fichier effacé en ligne de commande ne se récupère pas d’un clic. Méfie-toi en particulier de :
del /sefface des fichiers jusque dans tous les sous-dossiers,rd /ssupprime un dossier entier avec son contenu, et l’option/qsaute la confirmation. Dans PowerShell,Remove-Item -Recurse -Forcefait la même chose.format: il efface un lecteur entier.Set-ExecutionPolicy: il change la règle qui empêche des scripts inconnus de tourner sur ton PC.taskkill /F: il ferme de force une appli figée, et tout ce qui n’y était pas enregistré est perdu.- Toute commande copiée depuis une vidéo, un commentaire ou un forum que tu ne comprends pas. Si quelqu’un te demande de coller une longue ligne illisible en administrateur pour « débloquer » quelque chose, c’est très souvent une arnaque.
- Une page web qui te demande d’appuyer sur Windows + R puis Ctrl + V « pour prouver que tu es humain » : c’est un faux CAPTCHA, qui colle une commande malveillante dans ton PC. Ferme la page.
La règle d’or tient en une phrase : si tu ne sais pas lire ce que fait une commande, tu ne la lances pas en administrateur.
En résumé : le terminal Windows sans peur
Le Terminal Windows est la fenêtre, CMD et PowerShell sont les shells qui tournent dedans, et la plupart des commandes marchent dans les deux. Pour la connexion, teste d’abord ping 8.8.8.8 puis vide le cache DNS en administrateur avec ipconfig /flushdns ou Clear-DnsClientCache. Pour un Wi-Fi oublié, netsh wlan show profile avec key=clear. Pour un Windows qui plante, DISM puis sfc en administrateur, et chkdsk avec /scan avant /f. Au quotidien, winget upgrade --all, powercfg /batteryreport et winver te font gagner un temps fou. Et une seule règle de sécurité : jamais de commande incomprise en mode administrateur.
Questions fréquentes sur les commandes CMD et PowerShell
Est-ce que je risque de casser mon PC en utilisant le terminal ?
Pas avec les commandes de diagnostic de ce guide : ping, tracert, systeminfo, powercfg ou winget upgrade sans option ne font que lire. Le risque vient des commandes qui suppriment ou formatent, et du mode administrateur, qui lève les protections. Reste en mode normal tant qu’une commande ne demande pas plus.
Faut-il choisir entre CMD et PowerShell ?
Non. Ouvre PowerShell par défaut : il accepte les commandes de base de CMD comme cd, dir ou cls, et tous les programmes comme ping ou sfc, mais pas toujours leurs options : dir /s, par exemple, ne marche pas tel quel. Il ajoute aussi les siennes, comme Get-ChildItem. Garde CMD pour les vieux tutoriels qui l’exigent expressément.
Pourquoi Windows me répond « accès refusé » ou « nécessite une élévation » ?
Parce que la commande touche au système et demande le mode administrateur. C’est le cas de sfc, DISM, chkdsk, ipconfig /flushdns et Clear-DnsClientCache. Ferme la fenêtre, rouvre le terminal avec Windows + X puis Terminal (administrateur), et relance la commande.
Comment copier et coller dans le terminal ?
Dans le Terminal Windows, Ctrl + V colle. Ctrl + C copie si du texte est sélectionné, sinon il arrête la commande en cours ; Ctrl + Shift + C copie à coup sûr. Un clic droit colle aussi dans la plupart des fenêtres.
La commande netsh pour le mot de passe Wi-Fi, c’est légal ?
Oui, sur ton propre PC : Windows n’affiche que les mots de passe de réseaux auxquels cet ordinateur s’est déjà connecté. Elle ne permet pas de deviner le code d’un réseau inconnu. En revanche, ne l’utilise pas sur l’ordinateur de quelqu’un d’autre sans son accord.
Combien de temps durent sfc /scannow et chkdsk ?
Quelques minutes pour DISM et sfc sur un PC récent. chkdsk C: /scan est rapide, mais chkdsk C: /f au redémarrage peut prendre bien plus longtemps sur un gros disque dur mécanique. Lance-les quand tu n’as pas besoin du PC, et ne coupe jamais le courant pendant.