Nano Banana, c’est le modèle d’image de Google intégré à l’application Gemini : tu lui donnes une photo, tu écris en français ce que tu veux changer, et il retouche l’image en quelques secondes. Retirer un passant, changer un fond, réveiller une vieille photo de famille : ce qui demandait des heures de Photoshop tient maintenant en une phrase. Le piège, c’est que cette phrase décide de tout. Mal formulée, elle te rend une image où ton visage a changé et où le décor a été redessiné. Voici la méthode pour retoucher sans abîmer, avec un générateur de prompts prêts à copier.
Qu’est-ce que Nano Banana, et où l’utiliser gratuitement ?
Nano Banana est le nom du modèle de génération et de retouche d’images de Google, celui qui travaille dès que tu demandes une image dans Gemini. Tu n’as pas à l’activer : il se déclenche quand ta demande concerne une image, et sa version dépend du modèle choisi dans Gemini. Il existe trois niveaux. Avec le modèle le plus léger, Flash-Lite, Gemini utilise une version Lite, qui n’est pas faite pour enchaîner plusieurs retouches. Avec les modèles Flash ou Pro, c’est la version standard, ouverte à tout le monde, y compris sans abonnement. La version Pro de Nano Banana, elle, demande un forfait Google AI. La méthode de cet article corrige en plusieurs tours : choisis donc Flash ou Pro dans le sélecteur de modèle.
Tu le trouves dans l’application Gemini, sur le web comme sur ton téléphone. Si tu découvres l’outil, notre guide complet de Gemini pour débutants te montre le reste de l’application. Les développeurs y accèdent aussi par Google AI Studio et l’API, mais pour retoucher tes photos, l’application suffit largement.
Côté gratuit, sois lucide : Google ne publie pas de chiffre. Il existe un quota quotidien, plus élevé avec un forfait payant, et l’aide officielle précise que ces limites peuvent changer sans préavis. Autre différence concrète : sans forfait, tu télécharges tes images en résolution 1K, contre 2K avec un forfait. Pour un partage sur les réseaux, c’est suffisant. Pour un tirage papier en grand format, ça coince.
Comment retoucher une photo avec Nano Banana, étape par étape ?
Une retouche réussie se fait en trois gestes : importer la photo d’origine, donner une seule consigne précise, puis corriger dans la même conversation. Chaque geste compte, et le dernier est celui qu’on oublie le plus souvent.
Concrètement, voici les six étapes :
- Ouvre Gemini et démarre une nouvelle conversation.
- Importe ta photo depuis ton appareil. Prends le fichier d’origine plutôt qu’une capture d’écran, qui a déjà perdu en qualité.
- Écris ta consigne : une seule modification, et ce qui doit rester intact.
- Regarde le résultat en zoomant sur les visages et les contours.
- Si un détail cloche, corrige-le dans la même conversation, sans tout reformuler.
- Télécharge l’image quand elle te convient.
Le point 5 change tout. Google recommande lui-même d’itérer en plusieurs tours : l’IA garde en mémoire l’image précédente, donc tu peux dire simplement que le ciel est trop bleu ou que l’ombre est trop marquée. Tu retrouves aussi tes images plus tard dans la Bibliothèque de Gemini, d’où tu peux relancer une conversation sur l’une d’elles.
Pourquoi la phrase « garde tout le reste identique » sauve ta retouche ?
Un modèle d’image ne modifie pas ta photo comme un logiciel de retouche : il la régénère, et sans consigne contraire, il s’autorise à tout redessiner. C’est pour ça qu’un simple « rends cette photo plus belle » te rend parfois quelqu’un qui te ressemble à peine. La documentation de Google pour les développeurs donne la parade : demander de changer uniquement un élément, puis préciser que tout le reste doit rester exactement identique, en conservant le style, la lumière et la composition d’origine.
Un bon prompt de retouche tient donc en cinq morceaux : le contexte de la photo, un seul changement désigné par sa position, ce qui doit apparaître à la place, le verrou qui interdit le reste, et la liste de ce qu’il faut protéger. C’est la même logique que dans notre méthode pour bien rédiger tes prompts, appliquée à une image : plus tu es précis sur la cible, moins l’IA improvise. Google le résume en une phrase dans sa documentation : plus tu es spécifique, plus tu gardes le contrôle sur le résultat.
Quels prompts marchent pour les retouches les plus courantes ?
Les prompts qui marchent suivent tous le même gabarit : un verbe d’action, une cible précise, et une clause qui protège le reste de l’image. Plutôt que d’en recopier une liste, utilise le générateur ci-dessous. Il couvre huit retouches courantes, construit le prompt en français, inspiré du gabarit recommandé par Google, et te rappelle le piège propre à chaque cas.
Générateur de prompts de retouche
Choisis ta retouche, complète un ou deux champs, puis copie le prompt dans Gemini avec ta photo.
Ton prompt
Les champs vides reprennent l'exemple : adapte-les à ta photo.
CopiéTu peux évidemment réécrire le résultat à ta façon. Garde juste deux réflexes : désigner la cible par sa position (à droite, au premier plan, sur la table), et terminer par ce qui ne doit pas bouger. Si le résultat te convient à moitié, ne repars pas de zéro : réponds dans la même conversation avec la seule correction qui manque.
Quels pièges ruinent une retouche ?
La plupart des retouches ratées viennent de cinq erreurs, et aucune ne dépend de la puissance du modèle. Ce sont des erreurs de consigne ou de méthode, donc elles se corrigent.
- La consigne trop vague. « Améliore cette photo » laisse l’IA décider de tout, y compris de ton visage. Dis ce que tu veux changer, pas l’effet que tu espères.
- Trois retouches dans la même phrase. Retirer un passant, changer le ciel et éclaircir la peau d’un coup multiplie les dérives. Une modification par message.
- Le visage qui dérive. Après plusieurs tours, les traits bougent un peu à chaque fois. Compare régulièrement avec l’original, et repars de lui si la ressemblance se perd.
- La restauration qui invente. Sur une vieille photo floue, l’IA reconstitue des détails qu’elle ne voit pas. Le visage restauré peut être net et ne plus être celui de ton grand-père.
- Le quota atteint au mauvais moment. La limite gratuite est quotidienne et non chiffrée. Prépare tes consignes avant, plutôt que de tâtonner sur dix essais.
Si tu as besoin de retouches à la chaîne, sans quota, ou d’un contrôle total sur le modèle, l’alternative est de faire tourner Stable Diffusion gratuitement sur ton ordinateur. C’est plus exigeant à installer, mais tout reste chez toi. Et pour créer des images de zéro plutôt que retoucher les tiennes, Midjourney reste une référence côté style.
Qu’est-ce que Google laisse dans ton image ?
Toute image créée ou retouchée avec Gemini porte un filigrane invisible appelé SynthID, plus des métadonnées d’origine au format Content Credentials, et aucun réglage de Gemini ne les retire. SynthID est inscrit dans les pixels eux-mêmes : invisible à l’œil, il permet à un outil de détection de reconnaître une image passée par l’IA de Google. On t’explique le principe en détail dans notre article sur le watermarking de l’IA.
Il existe aussi un filigrane visible, le petit symbole posé sur l’image. Celui-là, tu peux le couper : dans les paramètres de Gemini, le réglage du filigrane des médias (Media Watermark dans la version anglaise) le désactive. Le réglage s’applique aux images que tu crées ensuite. Et couper la marque visible ne touche ni à SynthID ni aux métadonnées. N’y vois pas pour autant une garantie de traçabilité : les métadonnées sautent facilement, une capture d’écran ou un passage par un réseau social suffit souvent à les effacer. SynthID, inscrit dans les pixels, résiste mieux, mais aucun filigrane ne garantit qu’une image restera toujours reconnaissable.
Qu’est-ce qui est interdit, et à partir de quel âge ?
Pour retoucher une photo avec Gemini depuis un compte personnel, il faut avoir 18 ans, et la politique d’utilisation de Google interdit plusieurs usages, quel que soit l’âge. Générer une image à partir de texte seul est possible dès 13 ans, ou l’âge minimum prévu dans ton pays, mais la retouche de photos est réservée aux majeurs.
Côté contenu, la politique de Google sur l’IA générative interdit notamment les atteintes aux droits d’autrui, vie privée comprise, les images intimes de quelqu’un sans son consentement, les contenus sexuellement explicites, tout contenu sexualisant des mineurs, le fait de se faire passer pour une personne réelle pour tromper, et le fait de présenter une image générée comme entièrement faite par un humain pour tromper. Gemini peut aussi retirer une image quand ses systèmes détectent une violation.
En France, la loi va dans le même sens. Depuis la loi SREN du 21 mai 2024, l’article 226-8 du Code pénal punit aussi le fait de diffuser, sans le consentement de la personne, un contenu visuel généré par un algorithme qui représente son image ou ses paroles, s’il n’apparaît pas à l’évidence qu’il s’agit d’un contenu généré ou s’il n’en est pas expressément fait mention. La peine va jusqu’à deux ans de prison et 45 000 euros d’amende quand la diffusion passe par internet. La règle pratique est simple : retouche les photos des autres seulement avec leur accord, et dis-le quand tu publies une image retouchée.
Les montages réalistes servent déjà à des arnaques, on te montre comment les repérer dans notre guide sur les deepfakes et arnaques à l’IA. Et si tu publies des images retouchées dans un cadre pro, l’AI Act impose des obligations de transparence sur les contenus truqués réalistes.
En résumé : Nano Banana
Nano Banana est le modèle d’image intégré à Gemini, utilisable gratuitement dans la limite d’un quota que Google ne chiffre pas. Pour retoucher une photo sans l’abîmer, importe le fichier d’origine, demande un seul changement à la fois, et termine toujours par ce qui doit rester identique. Corrige dans la même conversation plutôt que de repartir de zéro, et compare avec l’original pour repérer un visage qui dérive. Chaque image garde un filigrane invisible SynthID, même si tu coupes la marque visible, et la retouche est réservée aux 18 ans et plus.
Questions fréquentes sur Nano Banana
Nano Banana est-il gratuit ?
Oui, la retouche et la génération d’images avec Nano Banana sont incluses dans l’application Gemini sans abonnement, dans la limite d’un quota quotidien. Google ne publie pas de chiffre pour ce quota et prévient qu’il peut changer sans préavis. Un forfait Google AI relève ce plafond et ouvre la version Pro.
Où trouver Nano Banana ?
Nano Banana est le modèle d’image intégré à l’application Gemini, sur le web et sur mobile. Tu n’as rien à installer : tu importes ta photo dans une conversation et tu écris ce que tu veux changer. Les développeurs y accèdent aussi par Google AI Studio et l’API Gemini.
Peut-on enlever le filigrane de Nano Banana ?
Tu peux couper le filigrane visible dans les paramètres de Gemini, pour les images que tu crées ensuite. Ce réglage ne touche ni au filigrane invisible SynthID ni aux métadonnées Content Credentials. Les métadonnées peuvent toutefois disparaître avec une capture d’écran ou un partage sur un réseau social, alors que SynthID, inscrit dans les pixels, résiste mieux.
Nano Banana garde-t-il mon visage ressemblant ?
Il le garde d’autant mieux que tu le lui demandes explicitement, avec une phrase comme garde mon visage exactement identique. Après plusieurs retouches enchaînées, les traits peuvent dériver un peu : compare avec l’original et repars de lui si la ressemblance se perd.
À partir de quel âge peut-on retoucher une photo avec Nano Banana ?
Google exige 18 ans pour retoucher une photo avec un compte personnel. Générer une image à partir de texte seul est possible dès 13 ans, ou l’âge minimum prévu dans ton pays.
Nano Banana ou Stable Diffusion : lequel choisir ?
Nano Banana est le plus simple : rien à installer, tu écris en français et la retouche se fait en une phrase. Stable Diffusion tourne sur ton propre ordinateur, sans quota ni filigrane imposé, mais demande une bonne carte graphique et un vrai temps d’apprentissage.