À partir du 20 novembre 2026, une autorisation de découvert, même de moins de 200 €, entre dans les règles du crédit à la consommation : avant de te l’accorder, ta banque devra vérifier que tu peux la rembourser, et les agios forfaitaires sur les petits découverts disparaissent. Si tu as déjà un découvert autorisé, il ne bouge pas.
Qu’est-ce qui change le 20 novembre ?
Les petits découverts sortent d’un régime à part : jusqu’ici, une autorisation de moins de 200 € ou remboursable en moins d’un mois échappait aux règles du crédit à la consommation, et ce ne sera plus le cas. C’est la transposition d’une directive européenne de 2023, faite en France par deux ordonnances, en septembre et en décembre 2025.
Concrètement, la banque devra évaluer ta solvabilité, c’est-à-dire ta capacité à rembourser, avant d’accorder un nouveau découvert. Le ministère de l’Économie l’a précisé au Sénat dans une réponse publiée le 30 avril 2026 : ce contrôle sera « proportionné ». Pour un découvert de moins de 200 €, les exigences seront allégées, et la consultation du fichier des incidents de remboursement des crédits (le FICP de la Banque de France) restera facultative. Le ministère le rappelle au passage : il n’existe pas de droit au crédit, et un découvert n’a jamais été accordé automatiquement.
Ton découvert actuel va-t-il disparaître ?
Non : les nouvelles règles ne s’appliquent pas aux autorisations de découvert accordées avant le 20 novembre 2026. Ce qui est en place reste en place.
Méfie-toi des titres qui circulent depuis octobre. Certains affirment que rien ne change sous 200 €, d’autres laissent entendre que le découvert autorisé va disparaître : les deux sont faux. Sous 200 €, le contrôle arrive bien, mais en version allégée. Et le découvert ne disparaît pas : il devient un crédit comme un autre, qui se demande et se justifie.
Tu seras concerné si tu ouvres un nouveau compte, si tu demandes un découvert pour la première fois, ou si tu en demandes un plus élevé. Ta banque pourra alors te demander des justificatifs de revenus et de charges, comme pour un petit prêt.
Est-ce que ça va te coûter moins cher ?
Pour les petits découverts, probablement oui : les minima forfaitaires d’agios disparaissent. C’était la pratique qui consistait à facturer un montant fixe dès que ton compte passait dans le rouge, pour un découvert de moins de 400 €.
Ces frais entreront désormais dans le calcul du TAEG, le taux annuel effectif global, qui ne peut pas dépasser le taux d’usure fixé par la Banque de France. D’après le ministère, la fin de cette pratique « abaissera le coût des découverts ».
Ce que tu peux faire dès maintenant :
- Regarde ton relevé : si tu vois une ligne d’agios fixe pour un petit passage dans le rouge, c’est ce type de frais qui doit disparaître.
- Avant de demander un découvert, ou de l’augmenter, avant comme après le 20 novembre : c’est un crédit cher, à réserver à un vrai besoin.
- Le vrai antidote, c’est la marge : un budget mensuel qui tient la route et quelques erreurs de gestion de trésorerie à éviter t’éviteront de dépendre du découvert à la fin du mois.